Le tombeau de Petosiris
 Description

Tombeau   -   Sarcophage   -   Second cercueil   -   Bas-reliefs   -   Textes de sagesse   -   Datation 
La datation
(D'après Gustave Lefebvre)


On ne trouve sur les murs du tombeau ni date, ni cartouche royal, ni nom de souverain, aucun élément enfin qui indique par lui-même et de façon sûre l'âge du monument.


Le vocabulaire, la lecture des inscriptions, l'étude des noms propres, la comparaison avec d'autres textes incitent à penser que la rédaction des inscriptions figurant sur les parois du tombeau de Petosiris date de la période qui s'étend de la fin de la seconde domination perse (332) au début du règne de Ptolémée Soter (305). Cependant la forte influence grecque qui se manifeste dans le style et la technique des bas-reliefs laisse penser que la construction du tombeau lui-même ne peut guère dater que de la toute fin du IVème ou du début du IIIème siècle.

Ces premières données peuvent être précisées : certains passages des inscriptions biographiques nous permettent de serrer de plus près la question et de fixer, au moins approximativement, l'époque où Petosiris exerçait son mandat de grand prêtre de Thot.

Dans la grande inscription 81, il s'est plu en effet à décrire la situation de l'Égypte au moment ou il prit possession de cette charge importante : " Je passai sept ans comme "vicaire" de ce Dieu, administrant ses biens, sans que fût trouvée de faute (dans ma gestion), alors qu'un roi des pays étrangers était en puissance sur l'Égypte. Et il n'y avait plus rien qui fût en sa place d'autrefois, depuis que des luttes se déroulaient dans l'intérieur de l'Égypte, le Sud (du pays) étant dans l'agitation et le Nord en état de révolte. Les hommes marchaient dans l'égarement, il n'y avait plus de temple qui fût à la disposition de ses desservants, et les prêtres étaient éloignés (des sanctuaires), dans l"ignorance de ce qui s'y passait."

De même, l'inscription 59, il dit "J'ai exercé les fonctions de "vicaire" de Thot maître de Khmounou, pendant sept ans, (alors que) des hommes (venus) des pays étrangers gouvernaient l'Égypte", et à l'inscription 62 : "Je passai sept ans comme "vicaire" de Thot maître de Khmounou, faisant toutes choses excellement dans son temple.... : des hommes venus (venus) des pays étrangers gouvernaient (alors) l'Égypte". Ailleurs encore il rappelle "qu'on avait exécuté aucun travail 'dans le temple de Thot), depuis que des étrangers étaient venus et avaient envahi l'Égypte" (inscription 59).

Cette domination étrangère -- marquée par des calamités dont le récit permet à Petosiris de se poser en restaurateur de la religion, à l'instar des Pharaons -- correspond évidemment à un fait réel, historique.

Il s'agit, sans doute, de la seconde domination persane, qui commença en 342 à la chute de Nectanébo II et se termina en 332 après les victoires d'Alexandre. C'est alors qu'Ochoset Bagoas profanèrent et pillèrent les temples d'Égypte ; c'est à cet époque aussi que se place la révolte de Khababisha. Sous la domination de ces "étrangers", l'Égypte connut donc des jours sombres, et le récit de Petosiris repose certainement sur un fond de vérité.

On peut donc, en définitive, penser que Petosiris entra en possession de sa charge de "vicaire" sous la seconde domination persane (laquelle pris fin en 332). Il peut avoir vécu encore quelque cinquante ans et avoir atteint les dernières années du règne de Ptolémée Sôter (285). C'est au déclin de sa vie qu'il aurait, sinon édifié, du moins fait décorer la chapelle funéraire de son père et de son frère aîné, puis construit la première salle du tombeau réservée à son propre culte, donc aux environs de l'an 300.

Le frère aîné de Petosiris, Zedthotefankh, et son père, Sishou, ont dû vivre sous la dernière dynastie indigène, celle des Nectanébo, entre 380 et 342 ; notons que, quand ils parlent l'un et l'autre du roi, ils emploient le mot nsw, qui désigne bien un Pharaon, tandis que Petosiris, pour désigner celui qui détient indûment le pouvoir, se sert (en dehors de l'expression -- "Roi des pays étrangers") des mots - "Roi d'Égypte". Quant au vieux Zedthotefankh, le grand-père de Petosiris, c'est probablement au delà de la XXXè dynastie qu'il faut placer sa période d'activité sacerdotale.

Le petit-fils de Petosiris, Petoukem (fils de Téôs), a certainement connu le règne de Ptolémée III Évergète.



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