Le tombeau de Petosiris
 Description

Tombeau   -   Sarcophage   -   Second cercueil   -   Bas-reliefs   -   Textes de sagesse   -   Datation 
Le sarcophage
(D'après Gustave Lefebvre)


Enfin apparurent, disposés l'un près de l'autre, et parallèlement au mur du fond, trois grands sarcophages en pierre...



Plan et coupe du puits funéraire Le plus éloigné du mur se réduisait à une cuve de 2,06 m de longueur extérieure, renfermant cinq crânes et des ossements ; il n'y avait pas de couvercle. Son voisin se composait d'une cuve de 2,25m de long extérieurement et d'un couvercle prismatique qui, bien qu'incomplet à la partie supérieure, mesure encore 2,42 m de long ; il avait été brisé par les nouveaux occupants ; et ceux-ci, ayant violé le sarcophage, ne laissèrent à l'intérieur que la cuve d'un cercueil en bois renfermant, en tout et pour tout, deux crânes. Nous savons du moins à qui appartenait ce grand sarcophage : c'était celui de la dame Renpetnofrit, l'épouse de Petosiris, comme l'indique l'inscription gravée sur la bande du couvercle.

Et le dernier, le plus proche de la muraille, était celui de Petosiris. La cuve mesure 2,50 m de long; elle a 0,75 m de profondeur, 0,90 de largeur aux épaules. Le couvercle, de forme prismatique, est plus long encore, mesurant 2,75 m ; la bande centrale a 0,60 m de largeur à la tête, 0,45 m aux pieds. Sur cette bande sont gravés, en deux lignes verticales accolées, le nom et les titres du défunt :


"L'imakhou d'Osiris-Khentamentit, le Grand des Cinq, maître des sièges, grand prêtre, voyant le Dieu (dans) son naos, second prophète de Khnoum-Rê maître d'Hirourt et d'Hathor dame de Neferoust, phylarque de la première et de la seconde classe sacerdotale du temple d'Hirourt et (de celui) de Neferoust, prophète de l'Ogdoade, chef des prêtres de Sekhmet, chef des prêtres de la troisième classe et (de ceux) de la quatrième classe, scribe royal, comptable de tous les biens du temple de Khmounou, Petosiris, n. im., fils du Grand des Cinq, maître des Sièges, second prophète de Khnoum-Rê maître d'Hirourt et d'Hathor dame de Neferoust, Nes-shou (Sishou), j. v., et né de la dame Nofritrenpet, j. v., -- éternellement, à jamais."

Comme ses voisins, le sarcophage paraissait a priori avoir été violé : un trou de 0,30 m de diamètre avait été en effet pratiqué dans la cuve à hauteur de la tête. Devions-nous renoncer à l'espoir de retrouver le corps de Petosiris ? Ignorerions-nous toujours de quelle manière il avait été enseveli, et ne pourrions-nous pas vérifier ces paroles adressées par Tehen à son père : "Thot t'accordera des faveurs semblables après (ta) mort, à savoir un bel embaumement du travail d'Anoup et ta sépulture dans ce tombeau à l'intérieur de quatre cercueils, l'un en genévrier, l'autre en bois kt, l'autre de sycomore, l'autre en pierre ; et ils se trouveront dans ta maison, ce jour-là, gravés à ton nom et incrustés de toute sorte de pierres précieuses".

Sans grande confiance, je fis, le 24 février 1920, glisser le pesant couvercle. La cuve nous sembla d'abord complètement vide ; elle ne contenait plus, en tout cas, le cadavre de Petosiris, que les malfaiteurs en avaient arraché par l'ouverture pratiquée à hauteur de la tête. Mais bientôt nous aperçûmes, appliqué contre une paroi de la cuve, un couvercle de cercueil en bois jaunâtre, enfin, tout au fond, la cuve plate du premier cercueil.

Si nous devions nous résigner à ne savoir jamais en quoi consistait le "bel embaumement" de Petosiris, ni de quels ornements sa momie était couverte, nous avions du moins sous les yeux ses cercueils, au nombre de trois (non pas quatre, comme l'avait annoncé Tehen) : l'un en pierre, les deux autres en bois. J'ai décrit ci-dessus le sarcophage en pierre. Du premier cercueil en bois je dirai peu de chose, car il n'en reste que des fragments. Il était en sycomore, recouvert d'un stuc peint en jaune, pourri par l'humidité du caveau. Le couvercle, certainement momiforme, était couvert d'inscriptions disposées en trois ou peut-être quatre lignes verticales, encadrées de divinités (on voit encore une Isis à la droite d'une ligne où sont énumérés les titres de Petosiris) ; les hiéroglyphes sont tracés au pinceau noir et mal dessinés.


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